BENARD DE LA HARPE Jean-Baptiste. (Saint-Malo,1683-Saint-Mal - Lot 18

Lot n° 18
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BENARD DE LA HARPE Jean-Baptiste. (Saint-Malo,1683-Saint-Mal - Lot 18
BENARD DE LA HARPE Jean-Baptiste. (Saint-Malo,1683-Saint-Malo,1765). Journal historique concernant l'établissement des François à la Loüisianne, tiré des Mémoires de Mrs d'Iberville et de Bienville, commandans pour le Roy audit pays, et sur les découvertes et recherches de M. Benard de la Harpe, nommé au commandement de la Baye St Bernard. S. l. n. d. ; vers 1723 ; in-folio de 1 feuillet (dédicace), 243 pages ; reliure de l'époque veau brun, trois filets dorés sur les plats, dos à 6 nerfs orné de grosses fleurs de lys, tranches rouges, accident à une coiffe. Précieux manuscrit exécuté pour l'auteur. Soigneusement et élégamment calligraphié il est parfaitement lisible. Écrit en style impersonnel, le rôle du narrateur n'y apparaît que par citations de tiers. Le manuscrit est dédié par Benard au financier Joseph Pâris du Verney, qui lui-même avait obtenu une concession à la Nouvelle-Orléans et, dans le même temps, essayait de démêler la situation critique laissée dans le pays après la faillite du système de Law. Jean-Baptiste Bénard de la Harpe s'embarqua à vingt ans pour une première traversée de l'Atlantique. Il visita les Andes, prit des contacts, apprit l'espagnol. Ayant en 1717 obtenu de la Cie des Indes une concession sur les bords de la Rivière rouge il recruta des émigrants. En 1718 il débarqua à l'île Dauphine puis aborda à la Nouvelle Orléans. Bienville, gouverneur de la Louisiane le chargea d'explorer la Rivière rouge et de fonder avec les populations locales un poste d'où l'on pût commercer. Concluant une alliance avec les Indiens il commença la construction de Fort Breton. Après avoir découvert la baie de Galveston, il fut crédité de la découverte de Little Rock dans l'Arkansas. Deux villes portent son nom aux États-Unis, dans les états de Kansas et de l'Illinois. Un luxe de détails se suit au jour le jour avec des relations de faits, mineurs aussi bien que décisifs, extrêmement précis, comme si l'auteur les avait observés et rapportés aux moments mêmes où ils se produisaient et, plus fort encore, comme s'il avait été au courant de tout ce qui se tramait dans le même temps à Paris comme chez ses antagonistes. Un grand nombre d'anecdotes se rapportant aux relations des colonisateurs avec les Indiens, apporte sur ceux-ci une somme d'informations de première main très enrichissante. Un passage navrant, exempt de toute humanité, illustre les pratiques d'un esclavagisme alors admis : « Les Nègres seront vendus aux habitans au prix de 660 livres pièce d'Indes conformément à ce qui a esté précédemment réglé par la Compagnie, pour le payement des quels ils feront leurs billets payables en 3 ans par parties égales […]. Si après la seconde année échuë, l'habitant qui aura reçu les Nègres se trouve débiteur de ses billets en entier sans avoir fait le payement la première année, les Nègres seront vendus au profit de la Compagnie après un seul commandement de payer, et sera la vente desd. Nègres affichée, indiquée et publiée dans toutes les habitations du quartier un mois d'avance, et si le produit de la vente desd. Nègres ne suffit pas pour le payement de la Compagnie, le débiteur sera contraint par corps au payement du surplus et sera conduit en prison dans le chef-lieu ou résidence du commandant du quartier pour y demeurer jusqu'à parfait payement ». Le manuscrit s'achève sur un « Mémoire pour faire connaître de quelle utilité peut estre la colonie de la Loüisianne & la nécessité d'un continuer l'établissement » (page 214) ; sur « L'état de la Loüisianne en 1723 (page 227) ; sur une « Digression sur la Mer de l'Ouest » (page 230) ; et sur un « Traité de l'origine des Indiens d'Amérique » (pages 234-243). Un certificat (copie) de J.B. de Bienville, commandant général de la province de Louisiane est très élogieux : « … certifions que le sieur Bénard de La Harpe commandant des troupes envoyées aux Cadodaquiou, Nassonites, Natsoos et Natchitoches, nations sauvages dans la Rivière Rouge, sur les confins de la province de Lastekas, s'y est comporté, pendant dix-huit mois qu'il est resté dans les quartiers avec prudence et sagesse, qu'il a fait la découverte des sauvages des Rivières Rouge et Arkansas ; qu'il a fait alliance au nom du Roi et de la Compagnie avec plusieurs nations voisines des Espagnols du Nouveau Mexique, […]. Au Biloxi, le 1er juillet 1720 ». La copie d'une lettre de Bienville à Law envoyée peu après ( 1er août 1720) ne l'est pas moins : « L'intérêt que je prends à l'établissement de cette colonie m'engage à vous supplier d'accorder l'honneur de votre protection au sieur Bénard de la Harpe qui passe en France pour rétablir sa santé, laquelle s'est altérée par la découverte des terres et des nations sauvages où il a été employé. Je puis vous assurer, Monsieur, qu'il mérite votre attention, étant très capable d'exécuter les intent
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