La danse des libellules
Totalisant 1 050 000 €, les bijoux récoltaient de beaux succès. Quadruplant son estimation, à 155 280 €, un collier (l. 38,5 cm, poids brut 99 g) articulé en or jaune, signé Van Cleef & Arpels vers 1940, se faisait remarquer pour son originalité. Serti d’un pavage de diamants ronds entre des rubis calibrés, un motif géométrique se positionne de part et d’autre du cou, retenant une draperie de maillons coniques centrés d’un rubis en serti clos. Moyennant 107 402 €, soit huit fois l’estimation basse, la Belle Époque était illustrée par un duo de libellules imaginé par Lalique au tournant du XXe siècle. Cette broche (reproduite ci-contre) témoigne du regard émerveillé porté par le créateur et ses contemporains sur la nature, dont la beauté est retranscrite par l’association de matériaux de différentes valeurs – ici le chatoyant émail et le précieux diamant – dans un but artistique. Attendue autour de 10 000 €, la floraison de Jacques Lacloche s’accomplissait à 55 642 € sur un bracelet (diam. 5,5 cm, poids brut 66,6 g) rigide ouvert et ouvrant, en deux tons d’or godronné. Les deux fleurs de ses extrémités alternant or et platine, diamants blancs et jaunes – se séparent pour former clips de revers (h. 2,5 cm). Deux fleurs diamantées terminent également l’enroulement guilloché émaillé bleu d’un bracelet (voir Gazette n° 22, page 63) du XIXe siècle, qui sortait de son écrin de la maison Marret et Beaugrand pour 26 145 €.
Lalique, vers 1900, broche en or figurant deux libellules émaillées retenant un quartz brun coussin, les ailes ornées de diamants, les extrémités serties de perles mabé probablement postérieures, signée, 4,4 x 11,6 cm, poids brut 36,9 g, écrin de la Maison R. Lalique, 40, cour la Reine, Paris.
Adjugé : 107 402 €Jeudi 11 juin, Salle 12 - Hôtel Drouot. Audap & Associés OVV.
MM. Emeric & Stephen Portier.
La Gazette Drouot, n° 24 du 19 juin 2026, p. 135.