UN PRESENT IMPERIAL

Le succès de cette boîte, à l’effigie de Catherine II de Russie, célèbre le talent des orfèvres étrangers et du goût français. L’orfèvrerie se doublait d’un souvenir historique avec cette impériale boîte émaillée sertie d’une médaille figurant Catherine II de Russie (1729-1796), remarquée à 40 761 €. Couronnée en 1762, sensible aux idées des Lumières tout en conservant son pouvoir autocratique, elle imposa la mode française à la cour. Il devint alors d’usage d’offrir de somptueuses boîtes en or, en gage d’estime ou à titre diplomatique. Attirés en Russie par les conditions favorables que leur offrait Catherine la Grande, plusieurs orfèvres s’y installèrent, à l’image des frères François-Claude et Pierre-Étienne Thérémin, nés en Prusse d’un pasteur huguenot. Le premier perfectionna son savoirfaire auprès de Guillaume Krüger, fournisseur des tabatières de Frédéric le Grand (1712-1786), roi de Prusse. Le second, son cadet, affina ses connaissances en gravure à Genève. En 1793, ils s’établirent ensemble à SaintPétersbourg et se spécialisèrent dans les boîtes orfévrées pour la cour. Trois ans plus tard, ils façonnaient ce modèle, dont le travail de l’émail, d’un superbe bleu roi translucide, est à rapprocher d’un exemplaire de 1796 conservé au musée de l’Ermitage. La médaille de l’Impératrice couronnée de lauriers, due à Carl Leberecht (1749-1827) – un artisan d’origine allemande travaillant lui aussi principalement pour la cour impériale –, célèbre la « Paix avec la Suède conclue le 3 août 1790 », comme mentionné dans l’exergue.

Saint-Pétersbourg, 1796, boîte en or jaune et émail sertie d’une médaille de Catherine II de Russie signée «C.L.F» pour Carl Leberech, boîte signée par les Frères Thérémin, orfèvres, maître essayeur Nikifor Moschtjalkin, 2 x 9,8 x 6,7 cm, poids brut 233 g.
Adjugé : 40 761 €

MARDI 9 DÉCEMBRE, SALLE 12 - HÔTEL DROUOT. AUDAP & ASSOCIÉS OVV. MM. EMERIC & STEPHEN PORTIER.

La Gazette Drouot n° 45 du 19 décembre 2025, p. 48.