INTIMITE ARTISTIQUE

Provenant directement de sa descendance et conservé dans la demeure familiale de Dordogne, un petit ensemble d’œuvres éclaire les liens entre Julie Manet, ses cousines et le monde de l’art de leur temps. Fille de Berthe Morisot et du frère d’Édouard Manet, Julie Manet a vu les fées de l’art se pencher sur son berceau. Nourrie dès le biberon par l’effervescence régnant dans cette famille unique en son genre, fréquentant Renoir, Degas, Mallarmé, Gide et Valéry, elle s’initie très vite à la peinture, suivant l’enseignement du premier. Ce Modèle en rouge exécuté vers 1900, témoigne directement de cet apprentissage. Mais ce n’est pas tout : on sait que Berthe Morisot éleva ses nièces Paule et Jeannie Gobillard, recueillies après le décès de leur mère. Les cousines grandirent ensemble et devinrent des sœurs de cœur. L’exposition des Franciscaines de Deauville du printemps dernier, « Julie Manet et ses cousines, la liberté de créer au féminin », revenait sur cette histoire demeurée en marge de la grande histoire de l’art. Les jeunes femmes peignent et voyagent ensemble, partageant le même appartement, rue de Villejust à Paris, là où d’ailleurs a été peint ce charmant modèle. On reconnaît dans le fond la cheminée avec ses jolies porcelaines de Saxe. Des tableaux de Paule Gobillard (1867-1946) l’accompagnent, notamment une Nature morte au bronze de Degas estimée 7 000 à 10 000 € et un rare pastel de ses débuts, dessiné vers 1885, représentant un Enfant (700/1 000 €).

JEUDI 27 NOVEMBRE, SALLE 14 - HÔTEL DROUOT. AUDAP & ASSOCIÉS OVV. CABINET MARÉCHAUX.

Julie Manet (1878-1966), Modèle en rouge, vers 1900, huile sur toile, 73 x 60 cm.
Estimation : 7 000/10 000 €.

La Gazette Drouot n°41 du 21 novembre 2025, p. 64.